Lynda Powless
Lynda Powless, éditrice et rédactrice en chef
Entreprise : Turtle Island News, Ohsweken (Ontario)
Coordonnées : Tél. : (519) 445-0868 ; courriel : lynda@theturtleislandnews.com
Site Web : www.theturtleislandnews.com
Description : Turtle Island News est le seul hebdomadaire autochtone
(avec un tirage de 10 000 exemplaires) au pays appartenant entièrement
à des intérêts autochtones et situé dans le territoire
Six Nations of the Grand River, l'une des communautés autochtones les
plus progressistes du Canada et patrie des peuples Hodenosaunne et iroquoiens.
Le journal, qui a démarré en 1994 dans le sous-sol de l'éditrice
et rédactrice en chef Lynda Powless, emploie maintenant douze personnes.
Pour célébrer son 10e anniversaire, le journal a lancé
récemment son premier livre, Ten Years of Editorial Cartoons,
un recueil de bandes dessinées à saveur politique sur les problèmes
autochtones.
Contexte : Récipiendaire de nombreux prix pour la qualité
de sa couverture journalistique, Lynda a commencé sa carrière
de journaliste en rédigeant des articles pour des hebdomadaires ; elle
a ensuite travaillé pour pratiquement tous les quotidiens en Ontario
avant d'obtenir un poste à CBC. Lorsque le transport quotidien au bureau
de CBC de Toronto s'est avéré trop cher pour cette mère
monoparentale, Lynda a compris qu'elle devait prendre une décision :
déménager ou non dans la métropole afin d'y élever
ses trois garçons. « J'ai toujours rêvé d'avoir mon
propre journal ; j'ai donc décidé de tenter ma chance. »
Après avoir reçu un prêt de RBC Banque Royale, Lynda a démarré
son journal chez elle, à Ohsweken, tout en gardant son emploi à
CBC au début.
Caractéristique unique : Ayant fait uvre de pionnier en
matière de journalisme autochtone en adoptant une approche incisive dans
la couverture des nouvelles autochtones et en interpellant les politiciens de
sa communauté afin qu'ils prennent la responsabilité de leurs
gestes, le Turtle Island News est le seul hebdomadaire du genre dans
tout le pays. « Personne n'avait encore adopté une telle approche,
explique Lynda, qui est fière de l'effet qu'a produit son journal. Au
début, je me rendais dans les cafés sur la réserve pour
parler des différents enjeux de la communauté, et les gens ne
s'intéressaient aucunement à ce que je disais. Maintenant, dans
les cafés, les gens parlent parce qu'ils savent ce qui se passe. Je pense
que le journal a apporté un élément pédagogique
à la communauté. »
Avantage concurrentiel : « Nous avons obtenu une bonne réputation
en peu de temps car nous disons aux gens ce qui se passe vraiment, au lieu de
dire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, comme le ferait
une machine de propagande. Avant le Turtle Island News, les journaux
étaient publiés de façon irrégulière et les
sujets abordés étaient plutôt légers. Les lecteurs
de tout le pays nous appellent lorsqu'ils ont un bon sujet ou qu'il y a un problème.
»
Récompenses : Dès ses débuts, Turtle Island
News a fait sensation. La première année, le journal a gagné
le prix du « meilleur hebdomadaire d'Amérique du Nord » de
la Native American Journalists' Association (NAJA) dans trois catégories
: nouvelles, conception et mise en page et reportages. « Nous avons participé
seulement pour qu'ils sachent que nous existions ! » Depuis, le journal
a gagné beaucoup d'autres prix. Le prix le plus prestigieux qu'il a reçu
est probablement le Prix d'excellence pour l'ensemble des réalisations
en matière de journalisme autochtone remis par la NAJA. Lynda est la
plus jeune récipiendaire du prix et la seule Canadienne à l'avoir
reçu.
Aspects positifs : Lynda apprécie le fait que, par l'entremise
du journal, « les droits du public - nos lecteurs - sont renforcés.
» Elle se souvient du moment où on lui a défendu d'assister
aux séances du conseil de bande ayant trait aux questions de santé.
« J'ai tenté de me présenter à chacune de ces séances
; j'ai même été arrêtée deux fois. »
Les journaux de la région environnante ont même assisté
à une séance du conseil pour soutenir le journal de Lynda. Le
conseil a alors mis la question au vote, et il a été décidé
que le public pouvait assister aux réunions. « Ça m'a vraiment
fait plaisir. Non seulement les gens de la communauté pouvaient-ils assister
aux assemblées, mais le journal pouvait faire des reportages sur les
questions de santé qui les touchaient. Tenir des réunions publiques
au niveau politique est une toute nouvelle idée au sein des communautés
autochtones - et nous étions au cur de l'action. Ce fut une expérience
exceptionnelle que de pouvoir ouvrir ces portes. »
Aide de rbc : Après avoir travaillé pendant cinq ans dans
son sous-sol, Lynda a reçu un prêt de la banque pour bâtir
l'immeuble qui abrite actuellement le journal « Franchement, je ne pense
pas que nous serions ici sans l'aide de RBC Banque Royale, qui m'a accordé
un petit prêt de démarrage et m'a toujours soutenue depuis. Ma
directrice de comptes a eu confiance en nous et a pressenti que notre journal
avait de l'avenir. J'apprécie cette confiance, car nous n'avons pu obtenir
aucun financement des différents programmes gouvernementaux. »
Lynda demande régulièrement des conseils et du soutien à
sa directrice de comptes, la décrivant comme sa « conseillère
financière » . « Elle m'aide énormément ; je
parle toujours avec elle avant de lancer un projet pour avoir son opinion et
examiner les chiffres. Elle est exceptionnelle. » Étant donné
que le Turtle Island News était la première entreprise
de Lynda, elle a eu de la difficulté à trouver des gens pour l'aider.
« Mais la Banque s'est montrée très ouverte, et il a été
facile d'entamer le dialogue. »
Autres appuis : Lynda bénéficie d'un appui solide de sa
famille. Sa sur, qui est enseignante, rédige des articles de sport
pour le journal, et ses fils mettent aussi la main à la pâte :
le plus vieux est technicien informatique à plein temps pour le journal
et les deux plus jeunes réalisent différentes tâches après
l'école. Les garçons ayant été pratiquement élevés
au journal, il est fort probable qu'ils prennent la relève. « Lorsque
je regarde notre album de photos de famille, je constate que mes garçons
m'ont accompagnée partout où j'allais, même à des
événements politiques ou à des protestations. Je crois
que cela leur a permis de mieux comprendre les droits de la personne. »
Elle leur avait même donné le numéro de téléphone
de son avocat au cas où elle serait arrêtée. « Ils
ont vraiment pu constater qu'être propriétaire d'un journal avait
ses bons et ses mauvais côtés ! » Les gens de la communauté
ont également été d'un grand soutien pour Lynda. Par exemple,
lorsque l'incident du coup de feu s'est produit, « beaucoup de gens de
toute sorte sont venus nous voir pour s'assurer que tout allait bien. »
Conseils sur l'expansion :
- « Soyez prêts à travailler énormément. »
- « Ayez un bon plan financier solide. »
- « Obtenez l'avis de votre banquier et d'autres personnes qui peuvent vous soutenir. »
Plans d'avenir : L'année dernière, Turtle Island News
a ouvert son premier bureau à London ; Lynda espère prendre de
l'expansion de façon progressive, en commençant par le nord de
Toronto. « Nous nous concentrons tout d'abord sur le marché ontarien
; ensuite, nous examinerons la situation dans l'État de New York, car
les communautés iroquoiennes de cet État adorent notre journal.
» D'ici cinq ans, Lynda souhaite acheter un nouvel immeuble et une presse
à imprimer.
Intérêts personnels : Lynda aimerait un jour écrire
un livre sur la politique autochtone et ses expériences des dix dernières
années. « Mais en attendant, j'adore jardiner. C'est ma manière
de décompresser. Si vous voulez me parler le dimanche en été,
venez me voir dans mon jardin ! »
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