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Marianne Bertrand
Marianne Bertrand, présidente et fondatrice
Entreprise : Muttluks Inc. Toronto, Ontario
Coordonnées : Tél. : 1 888 MUTTLUK (688-8585) ; courriel : marianne@muttluks.com
Description : Muttluks fabrique un produit canadien par excellence : des couvre-pattes pour protéger les pattes des chiens contre les éléments tels la glace et la neige. Établie dans une usine de 10 000 pieds carrés à Toronto, en Ontario, l'entreprise exporte 70 % de ses couvre-pattes pour chiens de qualité supérieure, principalement aux États-Unis. Après le 11 septembre 2001, Marianne Bertrand, propriétaire de Muttluks, a fait don de 800 paires de couvre-pattes à l'unité canine du NYPD pour fouiller les décombres de Ground Zero. L'entreprise a récemment élargi sa gamme de produits ; elle offre maintenant des manteaux, des jouets et même des livres pour chiens, et est en voie de changer son nom pour 'Muttopia'.
Contexte : Environnementaliste de la première heure, Marianne Bertrand possédait sa propre entreprise de construction/rénovation environnementale à la fin des années 80. L'idée de couvre-pattes pour chiens lui est venue en 1994, après avoir reçu en cadeau pour son chien une paire de bottes de piètre qualité. Elle a commencé à réaliser la conception de couvre-pattes plus durables à partir de chez elle. Constatant qu'elle avait vendu plus de cent paires de couvre-pattes en une semaine dans des animaleries locales, elle savait qu'elle tenait une bonne idée. En 1997, elle a déménagé l'entreprise dans une usine. En 1999, la plupart des ventes provenaient des États-Unis et même de l'Europe et du Japon.
Prix : En 2002, Marianne a reçu le Prix de l'entrepreneure canadienne de l'année dans la catégorie Innovation. « Lorsqu'on doute, c'est toujours bon de se faire rassurer. Et quand on est travailleur autonome, on est régulièrement assailli par le doute. Certaines années, il y a de l'argent, et d'autres années, il n'y en a pas ; c'est vraiment génial d'être reconnu sur le plan professionnel et de se dire que même si on est une petite entreprise canadienne, on a acquis une certaine notoriété. Non seulement j'ai établi des contacts précieux et bénéficié d'une excellente publicité, mais j'ai reçu le coup de pouce nécessaire pour amener ma petite entreprise canadienne dans les grandes ligues. »
Conseil de croissance : « C'est la façon dont on compose avec nos employés et comment on se débrouille lorsqu'une machine cesse de fonctionner qui peut nous aider à gagner un prix, plus que le simple fait d'exploiter une entreprise. Tout le monde a un produit à vendre. Ce qu'on peut dire sur ce produit est tout de même limité ; ce qui est important, c'est de raconter comment on règle les problèmes. Les gens veulent savoir ce qu'on a dans le ventre. » La soumission du dossier de candidature représente un excellent moyen de favoriser la participation des employés et d'accroître leur motivation. « J'ai rédigé la première ébauche et l'ai transmise aux membres de l'équipe pour qu'ils y ajoutent leurs commentaires ... je l'ai même envoyée à ma mère, qui est l'un de mes prêteurs et aussi une femme d'affaires. » Marianne s'est également assurée que sa candidature pour le prix Innovation en 2002 traduisait bien le caractère innovateur de ses réalisations. Elle a notamment indiqué qu'elle avait fait don de couvre-pattes pour les unités canines qui ont fouillé les décombres de Ground Zero après le 11 septembre 2001. « J'ai également précisé comment nous avons innové en matière de financement, de contact avec la clientèle, de production et même de ressources humaines. »
Plus grand avantage de l'exportation ? « Un accès à des marchés plus grands et différents, mais cela ne se fait pas toujours sans risque. »
Plus grand défi : « Présentement, notre marge de manoeuvre est mince et nous devons être très rigoureux, en raison de la chute du dollar américain. C'est difficile parce que nos marges ont baissé de façon importante et la concurrence - des répliques de nos couvre-pattes dans une proportion de 95 % - que nous livre la Chine est féroce. C'est ce que j'appelle la philosophie du « verre à moitié vide ». Mais je vois les choses différemment - la vie est un état de changement constant ; je crois que ce changement comporte toujours une occasion. C'est à nous de la trouver. Nous examinons une partie de la production étrangère et réfléchissons à la possibilité de fabriquer un produit à prix intermédiaire, similaire à celui de nos concurrents. Nous serions passés à côté de ces occasions exceptionnelles si le dollar n'avait pas chuté. »
La leçon qu'elle a apprise en matière d'exportation : « Il y a toujours un risque. On doit connaître les risques auxquels on s'expose et réduire au minimum tous les éléments que l'on contrôle - assurer ses comptes clients, supposer que la devise fluctuera (même si cela ne se produira que dans plusieurs années) et savoir quel est son degré de tolérance face à ces variations de devise. Présumez toujours qu'il y aura des changements et transformez-les en occasions. Autrement, le risque que vous prenez vous amènera à votre perte. »
Amélioration de la productivité : Marianne revoit périodiquement la façon d'améliorer ses activités ; elle a notamment décidé de ramener une bonne partie de la fabrication à l'interne. « Certaines personnes vont dans le sens contraire et ont recours à la sous-traitance pour ne pas assumer les frais généraux. Nous avons rapatrié du matériel à l'interne et abaissé nos coûts de production de près de 25 %. » De plus, Muttluks a déménagé son usine, économisant ainsi 40 000 $ par année. Marianne a également fait appel à une main-d'oeuvre non qualifiée pour s'occuper de l'emballage, permettant ainsi à ses couturières de se concentrer sur leur tâche principale. L'amélioration de la productivité a permis à Muttluks de se prémunir contre les fluctuations de devise. « Lorsque nos marges ont baissé, nos coûts ont diminué aussi, explique Marianne. Cela nous a permis de rechercher une clientèle pour exporter nos produits en Europe. »
Comment RBC l'a aidée : « RBC m'a aidée énormément au fil des ans, directement et indirectement. La banque a augmenté ma marge de crédit à mesure que mon entreprise a pris de l'expansion. Ce qui a vraiment fait une différence, car plusieurs autres banques m'ont dit que ça ne valait même pas la peine de présenter une demande. RBC a aussi eu une énorme influence sur mon entreprise, de façon indirecte, en commanditant des événements pour les femmes d'affaires, comme la mission commerciale des femmes à Washington en 1997 et le sommet commercial Canada-États-Unis pour les femmes entrepreneures en 1999. Ces événements m'ont permis de réseauter avec des femmes prospères, qui m'ont motivée et m'ont aidée à exploiter mon entreprise et à en assurer la croissance. Rien ne mène au succès comme la rencontre avec le succès. De nombreuses banques m'ont offert du financement lorsque j'ai gagné le Prix de l'entrepreneure canadienne de l'année en 2002, mais aucune n'arrive à la cheville de RBC. Et notre directrice de comptes est exceptionnelle. Elle prend le temps de comprendre notre entreprise, qui diffère des formules habituelles ; je suis donc à l'aise de lui dire ce qui va bien et ce qui va mal. Elle a pris mon parti à plusieurs reprises et a vraiment l'entrepreneuriat féminin à coeur. »
Plans de croissance : Avec l'expansion de sa gamme de produits et le lancement du nouveau nom commercial, Muttopia, Marianne renouvelle l'image de l'entreprise et continuera à rechercher des produits complémentaires. « Nous allons dans une nouvelle direction et élargissons notre bouquet de services. Muttluks est en voie d'atteindre Muttopia ! »
Intérêts personnels : Il n'est pas rare de voir Marianne - qui adore la motocyclette et les animaux - sur sa BMW avec son basset, Trombone, dans la voiturette adjacente. En plus d'avoir une fille, Melody, âgée d'un an et demi, elle possède trois chats, six chevaux et un porc de 700 livres qui vivent sur sa ferme de 150 acres. Ses chevaux sont tous des rescapés, dont deux de l'abattoir. « Je prends tous les chevaux abandonnés par leur propriétaire en raison de problèmes d'ordre émotif ou physique, ou les deux, et je les aide à redevenir « normaux », explique-t-elle. J'ai toujours rêvé d'habiter à la campagne et d'avoir des chevaux ! »
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