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Exposé économique sur la situation de la petite entreprise et des femmes entrepreneures
Le Canada est au sixième rang de tous les pays de l'OCDE en ce qui a trait à la participation active des femmes, « mais les femmes ont encore du chemin à faire » a déclaré Derek Holt, économiste en chef adjoint, RBC Groupe Financier, à une récente réunion des Femmes chefs d'entreprises du Canada à Toronto. Les entreprises doivent faire preuve de plus de souplesse et d'initiative envers les femmes, notamment en ce qui a trait au partage d'emploi, aux programmes d'affectations provisoires dans les chaînes de fournisseurs, aux horaires réduits et aux congés autorisés facultatifs. »
Derek a commencé sa présentation en donnant un aperçu global de l'économie. Il prévoit :
- Les perspectives de croissance économique de l'économie canadienne sont bonnes.
- Le Canada mènera les pays industrialisés au chapitre de la croissance du PIB en 2006 (3,5 %).
- Les plus fortes occasions de croissance seront en Amérique du Nord, en Inde et en Chine.
- Exception faite d'une brève accélération à Terre-Neuve cette année, poussée par des méga-projets, c'est l'Alberta qui connaîtra la croissance la plus forte – une croissance prévue de 5 % du PIB cette année.
- Le dollar canadien se repliera à 82 cents d'ici la fin de l'année.
- On peut s'attendre à un certain repli du coût de l'énergie – « La montée que nous avons connue découle largement des ouragans. »
Toutefois :
- Du côté des coûts financiers pour les prêts personnels ou commerciaux, il faut prévoir une hausse des taux d'intérêt de 0,75 % d'ici la fin de l'année. Il faut de plus être prudent au sujet du financement par emprunt à plus long terme. Dans l'établissement des prix, les marchés tiennent davantage compte du risque d'inflation et de l'inquiétude soulevée par l'endettement croissant aux É.-U.
- La croissance sera répartie de façon inégale au Canada – « L'Ouest sera favorisé par rapport à l'Est. »
- Un problème d'inflation se profile au Canada – « La Banque du Canada sous-estime peut-être le risque d'inflation. »
- Il y a des goulots d'étranglement dans l'économie – p. ex. peu d'infrastructure d'investissement dans le secteur public au Canada, manque de main-d'oeuvre qualifiée et nous n'investissons pas suffisamment.
- Le niveau de vie au Canada a reculé de 16 % par rapport à celui des É.-U. au cours du dernier quart de siècle.
- La productivité des petites entreprises est faible, en raison en partie des obstacles à la croissance, notamment de la politique fiscale, du fardeau de la réglementation et du manque de main-d'oeuvre spécialisée.
- Les États-Unis baignent dans une mer d'encre rouge ; nos voisins du Sud connaissent en effet l'un de leur plus important déficit et foncent vers un déficit commercial sans précédent. Le risque pour le Canada est que si l'inquiétude des créanciers devient plus grande, cela provoquera la hausse des taux de financement, tant aux États-Unis qu'au Canada.
Derek Holt est d'avis que la prospérité à venir du Canada et son plein potentiel découleront en grande partie de la suppression des obstacles que rencontrent les femmes, les travailleurs plus âgés, les immigrants et les entrepreneurs. Selon un nouveau rapport des services économiques de RBC, The Diversity Challenge: A Case for Canada’s 21st Century Economy », en supprimant les obstacles de l'âge, du sexe et de la culture, plus de 1, 6 million de Canadiens pourraient se joindre à la main-d'oeuvre et accroître les revenus personnels de 174 milliards de dollars (21 %).
Parmi les constatations de Derek Holt, mentionnons :
- La forte hausse du nombre d'entreprises dirigées par des femmes ; en fait, au cours des 10 à 20 prochaines années, la plupart des PME seront dirigées par des femmes, des membres de minorités visibles et des nouveaux Canadiens.
- Il y a pénurie de main-d'oeuvre spécialisée au Canada dans les secteurs de la construction, de l'électronique et de la fabrication des produits en métal, domaines où les femmes sont traditionnellement absentes. Les programmes de formation en apprentissage sont plutôt conçus pour les hommes et doivent être mieux adaptés aux femmes.
- Au Canada, l'attitude envers les garderies ne suit malheureusement pas ce qui se passe ailleurs – « Nous sommes très peu financés par rapport aux autres pays industrialisés. »
- Par nécessité, l'emploi de la portion d'étrangers de notre population va aller en augmentant. « Sans une plus forte immigration, le Canada ne pourra répondre aux besoins en main-d'oeuvre à mesure de la mise à la retraite des baby-boomers. »
- Plus de nouveaux immigrants gagnent moins qu'il y a 20 ans. Les trois principaux obstacles que doivent surmonter les immigrants en se joignant à la population active sont le manque de reconnaissance de leurs compétences acquises à l'étranger, la difficulté de faire transférer ces compétences et les problèmes de langue.
« Nous avons beaucoup à faire au cours des 20 prochaines années pour reprendre le terrain perdu et le niveau de vie qui diminue relativement au Canada, d'ajouter Derek Holt. Nous devons nous occuper de sous-financement de l'éducation et des infrastructures et consacrer plus d'argent, plus sagement, aux garderies en plus d'offrir des cours d'anglais langue seconde. Et, étant donné que l'entrepreneuriat chez les femmes est mal connu, il enjoint les femmes qui dirigent des entreprises et des organisations à travailler d'arrache-pied pour mieux faire connaître leur croissance et leur pouvoir et pour influencer les décideurs quant aux enjeux qui ont de l'importance pour elles, comme le manque de prestations d'assurance-emploi et de maternité pour les travailleuses autonomes.
(Janvier 2006)
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