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Prendre des risques, faire des changements, Toronto, 26 septembre 2001
Les personnes qui n’interviennent pas quand sont commis des actes injustifiés donnent tacitement leur autorisation pour que l’injustice continue, selon Sally Armstrong, journaliste engagée qui a reçu une ovation debout d’une salle de plus de 600 personnes, à l’occasion du 8e petit-déjeuner professionnel annuel de la Fondation des femmes canadiennes qui a eu lieu en septembre à Toronto. Mme Armstrong, défenseure des droits de la personne, est envoyée spéciale du magazine Chatelaine et membre du conseil de la Fondation des femmes canadiennes (FFC).
« Les femmes canadiennes, a déclaré Mme Armstrong, sont particulièrement bien placées pour se révolter contre l’injustice. Ce n’est pas étonnant qu’après le premier article que j’ai écrit sur les femmes d’Afghanistan, peu après la prise du pouvoir par les talibans, plus de 9 000 Canadiennes aient écrit au magazine pour que quelque chose se fasse. » Mme Armstrong est retournée en Afghanistan l’an dernier pour évaluer les changements.
Elle a souligné la force des femmes qui prennent des risques dans le monde, comme les Sénégalaises qui s’opposent à la mutilation génitale, la Société pour les pieds non bandés, en Chine, dont la mission était de supprimer la pratique du bandage des pieds des filles, ou encore les femmes de Jordanie et de Cisjordanie qui luttent pour que prenne fin la pratique légale du meurtre d’honneur au Moyen-Orient.
« Les actes misogynes, a expliqué Mme Armstrong, commis contre les femmes au nom de la culture et de la religion ne sont ni culturels ni religieux. C’est une façon de conserver les tabous : on ne peut pas en parler et on ne peut donc rien y faire. Mais face à l’argument ”c’est une question de culture”, ce sont les groupes de femmes qui prennent les risques et essaient de changer le statu quo injuste, en se mettant parfois en danger de mort. »
Elle a pressé les Canadiennes de ne pas avoir peur de dénoncer la situation catastrophique de l’Afghanistan en matière de droits de la personne, de la même façon qu’elles se sont levées pour dévoiler les faits et les chiffres de la violence faite aux femmes au Canada. Elle a admis que remettre en cause le statu quo et risquer la réprobation de ses collègues et la colère de la société peut être dur, mais elle a insisté sur le fait que s’il y a une période où les femmes doivent se manifester, c’est bien maintenant, alors que les menaces terroristes sèment la panique.
La Fondation des femmes canadiennes (FFC) recueille des fonds et donne des subventions pour appuyer les efforts de développement économique auprès des femmes à faible revenu et prévenir la violence contre les femmes et les filles, par l’entremise d’organismes au niveau des collectivités. Le petit-déjeuner annuel des professionnelles
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